There will be blood

2008 - Réal : Paul Thomas Anderson - Drame - ![]()
Western au sens « aventure dans l’ouest », celle d’un self made man, symbole du rêve américain. Dans cette adaptation du roman « Oil! » d'Upton Sinclair, s’opposent un capitalisme naissant déjà sauvage à une évangélisation hystérique, duel traité sans lyrisme, avec une puissance rare. Le visage de l’Amérique d’aujourd’hui, entre une quête pétrolière qui aimante les va-t-en-guerre et corrompt les hommes, leurs sentiments, les relations familiales, la foi et une poussée évangéliste qui prend ses quartiers jusqu’à la Maison blanche. Virtuosité de la mise en scène, longs plans éclatants, un début quasiment sans paroles qui saisit d’emblée, tout comme la musique qui vrille nos tympans comme les forets la surface de la terre. Puissant, très puissant, tout comme Daniel Day Lewis, de tous les plans, impressionnant, écrasant visage d’un rêve américain souillé d’or noir. (source, Première)
Déroutant à bien des égards : que ce soit le personnage de Daniel Plainsview, remarquablement interprêté par D.D Lewis, la bande son très agressive qui rappelle la musique contemporaine de Glass, épurée, introduisant des sons glanés, le rythme du film, aussi, qui semble commencer à l'envers avec une fin très brutale. Je classerais cette oeuvre dans la lignée de Giant, pour rester dans le même thème : le pétrôle. Une épopée se déroulant sur un demi siècle montrant les affres d'un véritable pionnier de l'Ouest, un self made man, sans états d'âmes, rongé par le désir de réussite. Parfois dérangeant de cruauté, parfois surprenant ou émouvant, comme toute histoire humaine.