Funny games US

Publié le par fisherman


2008 - Réal : Mickael Haneke - Thriller, Slasher -

Ann, George et leur fils Georgie sont en route vers leur résidence secondaire pour y passer l'été. Leurs voisins, Fred et Eva, sont déjà arrivés et ils décident de se retrouver tous le lendemain matin pour une partie de golf. Tandis que son mari et son fils s'affairent sur leur voilier récemment remis en état, Ann commence à préparer le dîner. Tout à coup, elle se trouve face à face avec un jeune homme extrêmement poli, Peter, un des invités de ses voisins, venu, à la demande d'Eva, lui emprunter quelques œufs. Ann s'apprête à les lui donner quand soudain, elle hésite. Comment Peter est-il entré dans leur propriété ? Les choses prennent vite un tour étrange et débouchent sur une explosion de violence.

Voilà exactement ce que j'attendais depuis longtemps ! Vous trouverez TOUT ce que vous avez envie de trouver comme horreur, réflexion, bijou de la réalisation, dans ce film CULTE. Filmé de manière très conceptuelle, avec des plans séquences dépassant les 5 minutes, des regards caméra à des moments particulièrement insoutenables, des replays...  Funny games permet d'aborder la violence d'une toute autre façon. Ici presque pas de sang, mais toute l'horreur est dans la situation de ce couple de bourgeois propret tenu en otage par ces deux fils de bonne famille venus ici pour passer le temps et satisfaire leur besoin de combattre l'ennui. Pour une fois, les bad boys ne sont pas tels qu'on les imagine. Tout de blanc vêtus, gantés, précieux et gominés, ils dégomment une vie après l'autre tout en s'entretenant sur leurs petites préoccupations : la rentrée prochaine à la fac, la nécéssité d'entretenir son corps... Leur attitude étant en parfait décalage avec les atrocités qu'ils commettent. Mais là n'est pas la seule surprise : le spectateur, pourtant victime, a le sentiment étrange et dérangant  d'assister ces deux gueules d'anges dans leur folie meurtrière. Ce film ne saurait passer entre toutes les mains, quand même, il s'adresse d'avantage à un public averti de cinéphiles tordus cherchant à déceler ce qui se passe derrière les images. La dernière conversation des tueurs, par exemple, entre ce qui est réel et fictif, est un nouveau clin d'oeil que Haneke nous adresse. Notez la distribution finement choisie : Tim Roth et la délicieuse Naomi Watts, deux monstres sacrés capables de jouer de manière soutenue et dont la douleur nous transperce les boyaux. Mais chut !
Notez aussi qu'il s'agit du remake du film du même nom réalisé lui aussi par Haneke 10 ans plus tôt, et qui avait fait une entrée fracassante à Cannes en 97. Il s'agit exactement du même remake, plan pour plan, fringue pour fringue, et pourtant les puristes accusent Haneke d'avoir délaissé le côté émotionnel au profit de l'aspect théorique. Ceci mérite que je me penche sur la question : comment peut on faire deux fois le même film et obtenir des résultats différents ? Je vous promets d'essayer de voir la première version et de répondre, en toute modestie, en me servant du peu que je sais et de mon ressenti. En tous cas, dès que en vous avez l'occasion, foncez, louez, téléchargez, mais dans tous les cas VOYEZ !

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Publié dans Thriller

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