Mysterious skin

Publié le par fisherman


2005 - Réal : Gregg Araki - Drame -

À Hutchinson au Kansas, Neil vit avec sa mère célibataire au gré de la succession des petits amis de celle-ci. Au cours de l'été de ses 8 ans, Neil McCormick a été abusé sexuellement par Heider, l'entraîneur de son équipe junior de base-ball. Au cours de son adolescence, Neil se prostitue avec des hommes plus âgés, ce qui inquiète sa meilleure amie Wendy, ainsi qu'Eric, lequel est amoureux de lui.

Dans la même ville, le même été, Brian Lackey a oublié 5 heures de sa vie. Sa sœur l'a retrouvé dans un placard, le nez en sang. Lors de la fête d'Halloween suivante, cinq autres heures disparaissent de la mémoire de Brian. Celui-ci est régulièrement victime de saignements de nez et d'évanouissements soudains. Brian finit par croire qu'il a été enlevé par des extra-terrestres.
le film est inspiré du livre éponyme de Scott Heim.

Bouleversant ! Probablement le film le plus marquant qu'il m'aura été donné de voir cette année... Que dire ? Une scène finale d'une rude beauté, des acteurs jouant superbement (découverte au passage du surprenant Joseph Gordon-Levitt dans le rôle de Neil). Une distribution finement sélectionnée : à noter l'excellente prestation de Billy Drago, dans le rôle de Zeke, acteur souvent aperçu dans des rôles plus que secondaires et qui exprime ici un talent inattendu dans une très courte mais tellement éprouvante scène de rencontre. Une bande son excellentissime : Sigur Ros, Cocteau Twins, Curve, Slowdive. Les thèmes principaux : l'abus sexuel et la pédophilie y sont abordés sans détour, le réalisateur ayant volontairement choisi le positionnement subjectif, que la narration (voix off) vient souligner. Les choix de cadrage, les gros plans, les caméra aux poing sont judicieux, percutants. Le téléspectateur n'a pas d'autre choix que celui de s'identifier à l'enfant victime. Je suis sorti de ce visionnage complètement lessivé, profondément remué. Ce film figurera assurèment au top-ten de mes découvertes 2009. Il y a quelques années de cela, j'avais laborieusement essayé d'accrocher à Happiness de Todd Solondz, qui abordait les mêmes thèmes sous un angle différent, très voyeur sarcastique, mais aussi très froid et très extérieur... Ce soir je me rends à l'évidence : il y a ceux qui maîtrisent l'art cinématographique, et ceux qui font semblant. Chapeau bas, Monsieur Araki.

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Publié dans Drame

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