2005 - Réal : Shaun Monson - Documentaire -
mais ...
La narration est assurée par Joaquin Phoenix et la bande originale est signée par Moby.
En 2005 Meilleur film documentaire au festival de film d'Artivist.
En 2005 Meilleur film documentaire au festival international de film de Boston.
En 2005 Meilleur film documentaire et la récompense humanitaire de Joaquin Phoenix au festival de film de San Diego.
Texte intégral de Earthlings retranscrit ici :
http://terriens.wordpress.com/2009/04/27/earthlings-terriens-2%c2%b0-partie-lalimentation/
J'ai du mal à me remettre de tout ce que je viens de voir... En même temps cette vision coïncide avec une prise de conscience
soudaine sur nos modes d'alimentation... Je sais que je ne deviendrai jamais végétarien, car j'ai trop besoin de viande, ne serait ce quelques fois par semaine. Je crains les carences en fer,
aussi. Mais bon, c'est un autre débat.
Ce documentaire bouleversant, avec des images choc, ne peut laisser insensible. Il amène inéluctablement à prendre conscience de la façon pleine de condescendance dont l'homme traite les animaux
et minimise leur souffrance. Il dénonce aussi les effets de la consommation de masse. Il a nécessité 5 années de recherches et use à profusion de caméras cachées... Vous y découvrirez l'envers du
décor des élevages animaliers, l'envers du décor des abbatoirs, de l'industrie du cuir, de l'industrie pharmaceutique... Comme il est précisé dès le début du film :
Les images que vous allez voir ne sont pas des cas isolés. Ce sont
les méthodes utilisées dans l’alimentation, la confection, le divertissement et la recherche. Certaines images peuvent choquer.
Le documentaire et d'ailleurs interdit au moins
de 16 ans... Que dire de plus ? Je suis complètement tourneboulé, abbatu et triste. Ce soir, je m'en voudrais presque d'appartenir à l'espèce humaine. La pire qui soit. Je n'ignorais pas
certaines pratiques, c'est certain, mais là , j'ai vu et ça change tout.
Le réalisateur a eu la riche idée de truffer le documentaire de citations très percutantes. Le texte et d'ailleurs splendide, et j'en ai copié une partie ci-dessous.
Certains ont jugé l'approche un peu trop anthropomorphique, mais pour ma part, sans la mesure où tout ce qui a été avancé a été démontré par la suite, je ne trouve pas que ce soit le cas. Si le
coeur vous en dit, faites vous votre idée vous même en regardant ce documentaire. Dites vous bien, devant la cruauté de certaines images, que s'informer est un devoir.
Terriens.
Terrien: nom. Habitant de la planète Terre.
Puisque nous habitons tous sur Terre, nous sommes tous des terriens. Ce terme ne contient aucune notion de sexisme, de racisme ou de
discrimination selon les espèces. Il regroupe chacun de nous: ceux à sang chaud ou froid, mammifères, vertébrés, invertébrés, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons et êtres humains.
Les êtres humains ne sont pas seuls sur Terre. Ils partagent le monde avec des millions de créatures qui évoluent en même temps qu’eux.
Cependant, les êtres humains ont tendance à dominer la Terre et à traiter les autres êtres vivant sur cette planète comme de simples
objets. Voilà ce qu’on entend par le terme “spécisme”.
(Festival des taureaux, Espagne) Comme le
racisme ou le sexisme, le terme spécisme est un préjugé ou une opinion en faveur des membres de son espèce et au détriment des membres d’une autre espèce. Si un être souffre, il n’est pas
moralement justifiable de refuser de prendre en compte cette souffrance. Quelle que soit la nature de cet être, le principe d’égalité implique que la
souffrance d’un être est égale à la souffrance de tout autre être.
Les racistes violent le principe d’égalité en accordant plus d’importance aux intérêts des membres de leur race quand leurs intérêts sont en conflit
avec ceux d’une autre race. (Manifestation à Nuremberg, 1929) Les sexistes violent le principe d’égalité en favorisant les intérêts de
leur sexe. De façon similaire, les spécistes favorisent leurs propres intérêts au détriment
des autres espèces. Tous obéissent à un schéma similaire.
Bien qu’entre humains, nous reconnaissions le principe du respect: un être humain est une personne, non une chose, un traitement moralement irrespectueux a lieu lorsque
ceux qui détiennent le pouvoir traitent les plus faibles comme de simples
objets. Comme le violeur traite sa victime. Comme le pédophile traite un enfant. Comme le maître traite son esclave. Dans tous ces exemples,
ceux qui ont le pouvoir exploitent ceux qui sont faibles. Ce concept s’appliquerait-il à la façon dont les humains traitent les animaux
et les autres terriens?
Il y a bien sûr des différences, car les êtres humains et les animaux sont
dissemblables à bien des égards. Mais la question de la similitude porte un autre visage. Certes, les animaux n’éprouvent pas les même
désirs que nous. Il est vrai qu’ils ne comprennent pas tout ce que nous comprenons. Cependant, nous avons des besoins similaires et nous comprenons
certaines choses de la même façon, le besoin de manger et de boire, de s’abriter et de vivre en compagnie, d’être libre de ses mouvements et d’éviter la souffrance. Ces
besoins sont partagés par les animaux et les êtres humains. Quant à la compréhension, les animaux, comme les hommes, comprennent le monde dans lequel ils vivent. Sinon, ils n’auraient pas
survécu. Malgré toutes nos différences, nous sommes similaires. Comme nous, ces animaux incarnent le mystère et le miracle de la
conscience. Comme nous, ils ont conscience du monde dans lequel ils vivent. Comme nous, ils sont le centre psychologique d’une vie qui leur est propre. A ce niveau, nous sommes sur le même pied,
si l’on peut dire, que les porcs et les vaches, les poulets et les dindes.
Qu’attendent ces animaux de nous? Comment devons-nous les traiter? Pour répondre à ces questions, il faut reconnaître notre parenté
psychologique avec eux. Le film qui va suivre démontre en cinq points comment les animaux ont servi l’humanité, au cas où nous aurions oublié.
Le Prix
Nobel de la paix Isaac Bashevis
Singer a écrit dans son best-seller, “Ennemis, une histoire d’amour”, ces quelques mots “Chaque fois que Herman assistait à l’abattage
d’animaux et de poissons, il avait toujours la même pensée: dans leur comportement envers les autres créatures, tous les hommes sont des
nazis. L’arrogance avec laquelle l’homme traite les autres espèces comme bon lui semble représente les théories racistes les plus
extrêmes, le principe selon lequel la raison du plus fort est la meilleure.” Cette comparaison à l’holocauste est intentionnelle et
évidente. Un groupe d’être est tourmenté aux mains d’un autre. Certains diront que la souffrance des animaux n’est pas comparable à celle des Juifs ou des esclaves, mais il existe
une similitude. Pour les prisonniers et victimes de ce massacre, cet holocauste est loin de toucher à sa fin.
Henry Beston à écrit dans son livre, “The Outtermost House” (Une maison au bout du monde): “Il nous faut une attitude plus sage et peut-être plus mystique vis-à-vis des animaux. Éloigné de la
Nature universelle et vivant dans la complexité, l’homme civilisé observe les animaux à travers la loupe de son savoir. Il voit une plume agrandie et toute l’image est déformée. Nous traitons
avec condescendance leur état inachevé, le sort tragique qui les a conduits à naître inférieurs à nous. C’est là que nous faisons une
erreur. Une grave erreur.
On ne peut pas comparer les animaux aux hommes. Dans un monde plus vieux et plus achevé que le nôtre, ils se déplacent, dans leur forme achevée. La nature leur a fait don d’un prolongement des
sens que nous avons perdu ou jamais atteint. Ils entendent des voix que nous n’entendrons jamais. Ils ne sont ni nos frères ni nos subalternes. Ils
constituent un autre monde, pris avec le nôtre dans le filet de la vie et du temps, prisonniers de la splendeur et des tourments de la Terre.“
[...]
L’ignorance est la plus fréquente
justification des spécistes. Mais avec du temps et de la détermination, n’importe qui peut facilement
découvrir la vérité. L’ignorance l’emporte depuis longtemps parce que les gens ne désirent pas connaitre la vérité. “Ne me dis pas.
Ça va me couper l’appétit.” Voilà ce que vous entendrez si vous essayez d’expliquer comment est produite la nourriture que l’on mange.
Même si les gens savent que la ferme familiale traditionnelle a été remplacée par de grandes usines, que leurs vêtements viennent de vaches abattues, que certains sports entrainent la souffrance
et la mort d’animaux, et que certaines expériences douteuses ont lieu en laboratoire, ils continuent à espérer que ce n’est pas aussi terrible qu’on le dit, sinon l’État ou les société
protectrices des animaux agiraient. Ce n’est pas vraiment notre inaptitude à découvrir ce qui se passe, mais plutôt notre désir d’ignorer les faits qui pèse sur notre conscience, qui nous empêche
d’agir. Après tout, les victimes de tout ce qui se passe dans ces endroits horribles ne sont pas les membres de notre propre groupe. Tout se ramène à la douleur et la souffrance, et non à
l’intelligence, ou la force, la classe sociale, ou les droits civiques. La douleur et la souffrance sont inacceptables et devraient être évitées ou
réduites, quels que soient la race, le sexe ou l’espèce de l’être qui souffre. Nous sommes tous des animaux de cette planète. Nous sommes tous des créatures. Tous les animaux ressentent des sensations, comme nous. Comme nous, ils sont forts, intelligents, travailleurs, agiles et adaptables. Eux aussi sont
capables de croitre et de s’adapter. Comme nous, avant tout, ce sont des terriens. Et comme nous, ils survivent. Comme nous, ils recherchent le confort, non la gêne. Comme nous, ils ressentent plusieurs degrés d’émotion. En un mot, comme nous, ils sont vivants. La plupart d’entre eux, comme nous, sont des vertébrés. Si
l’on examine leur rôle essentiel à la survie de l’Homme, on se rend compte qu’on dépend entièrement d’eux pour nous tenir compagnie, pour manger, pour s’habiller, pour se divertir, pour conduire
des recherches médicales et scientifiques. Malheureusement, on ne voit que l’irrévérence de l’Homme envers ces pourvoyeurs. Cela ne fait aucun doute: Nous en sommes arrivés à mordre la main de celui qui nous nourrit. Nous l’avons même piétinée et nous avons craché dessus. Maintenant, nous devons en subir les conséquences. Tous les rapports de santé font état des effets de notre surconsommation d’animaux. Cancer, maladies du coeur, ostéoporose, crises cardiaques, calculs
rénaux, anémie, diabète, et autres. Même notre nourriture
est touchée à sa source. On utilise des antibiotiques pour tenter d’engraisser les animaux, qui sont trop stressés par leurs conditions
de vie dans les fermes industrielles. On utilise à l’excès des pesticides, des insecticides, des hormones artificielles pour augmenter la production de lait, la taille et la
fréquence des portées. Avec ces colorants artificiels, herbicides,
larvicides, engrais de synthèse, tranquillisants, stimulants de croissance et d’appétit, inutile de se demander d’où viennent la
maladie de la vache folle, la fièvre aphteuse, la Pfiesteria, et bien d’autres anomalies animalières qui affectent les êtres humains. La Nature
n’est pas responsable de ces actes. C’est nous qui le sommes. Un changement est inévitable.Si nous ne le faisons pas nous-mêmes,
la Nature le fera pour nous. Il
est temps de changer nos habitudes alimentaires, nos traditions, nos styles, nos modes, et avant tout, nos mentalités. S’il existe une part de vérité dans cet adage:
“On n’a que ce qu’on mérite” qu’ont-ils fait pour mériter ces souffrances? Est-ce que nous y avons pensé? Qu’ont-ils fait pour mériter ces souffrances? Ce sont des terriens. Ils ont autant le droit d’être ici que nous. Rappelons nous cet autre adage, tout aussi
vrai: “On récolte ce qu’on a semé.” Bien sur les animaux ont des sentiments et bien sur ils
ressentent de la douleur. Après tout, si la Nature a doté ces merveilleux animaux d’une source intarissable de sentiments, pourquoi ne les utiliseraient-ils pas? Les animaux
ont-ils des nerfs pour rester insensibles? La raison exige une meilleure réponse. Mais une chose est sure. Ces animaux utilisés en
boucherie, pour la confection, le divertissement, dans des expériences scientifiques, et qui subissent toutes les oppressions imaginables finissent par
mourir dans la douleur. Tous, sans exception. Il est déjà suffisamment déplorable que dans le monde entier, les animaux doivent sans cesse reculer devant le progrès et le
développement humain. De nombreuses espèces n’ont nulle part où aller. On dirait que le destin des animaux est d’être maudits par l’Homme ou alors trop recherchés. Nous sommes les seigneurs de la
Terre, nous détenons le pouvoir de terroriser mais aussi de compatir. Les êtres humains devraient aimer les animaux, comme on aime un
être innocent, comme on protège un être vulnérable. Si la souffrance des animaux nous retourne l’estomac, cela montre que nous n’y sommes pas indifférents, même si nous ne voulons pas l’admettre.
Ceux qui rejettent l’amour pour les animaux comme n’étant que de la sensiblerie renient une part importante de leur humanité. Quand on
respecte un animal, on n’en est pas moins humains. Il nous appartient de les laisser vivre dans le bonheur, aussi longtemps que possible. Dans la lande, le Roi Lear demanda à Gloucester: “Comment
vois-tu le monde?” Et Gloucester, l’aveugle, répondit: “Je le vois avec mes sens.” “Je le vois avec mes sens.”
Trois forces primaires coexistent sur cette
planète.
La Nature. Les
animaux. Et l’humanité.
Nous sommes tous terriens.
Faisons le rapprochement.
Earthlings est un film américain, documentaire, de Shaun Monson sorti en 2005 et dont la réalisation a nécessité 5 années de travail et d'investigations. Ce film montre les traitements des animaux destinés à la
nourriture, à l'habillement, aux divertissements et aux recherches scientifiques.
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